lundi 2 novembre 2026 - 19:00
La Révolution islamique a ouvert de nouveaux horizons aux séminaires islamiques dans le monde

Hawzah/ L’Ayatollah Alireza Arafi, directeur des séminaires islamiques d’Iran et membre du Conseil des gardiens de la Constitution, a souligné le rôle déterminant de la Révolution islamique dans l’ouverture de nouvelles perspectives pour les institutions théologiques à l’échelle internationale. Il s’exprimait lors d’une visite à l’école théologique Haqqani de Qom, où il a appelé les étudiants en sciences religieuses à se préparer à assumer des responsabilités scientifiques, intellectuelles et missionnaires à l’échelle mondiale.

Qom, Iran (A.P.Hawzah) –S’adressant aux responsables, aux enseignants et aux étudiants de cet établissement, l’ayatollah Arafi a rendu hommage aux personnalités ayant contribué à sa fondation, notamment feu Haj Agha Ghayouri et Haj Agha Montazeri.

Il a ensuite mis en avant la place particulière de l’école Haqqani parmi les établissements théologiques iraniens, la présentant comme l’un des principaux centres de formation des élites religieuses. Selon lui, sur quelque 500 centres et institutions théologiques que compte le pays, une vingtaine se distinguent par leur niveau scientifique et pédagogique, l’école Haqqani figurant parmi les premiers de cette catégorie.

Il a estimé que cette position prestigieuse constituait à la fois un motif de fierté et une lourde responsabilité pour les étudiants, appelés à jouer un rôle majeur dans l'avenir des séminaires islamiques.

La Révolution islamique et l'ouverture de nouvelles perspectives internationales

Le directeur des séminaires islamiques a affirmé que la Révolution islamique et le renouveau de l'école théologique de Qom au cours du siècle dernier, notamment durant les cinquante années de la Révolution, avaient ouvert des perspectives sans précédent pour le monde de l'islam.

Il a souligné que même si les capacités des séminaires islamiques étaient multipliées par cent, elles ne suffiraient toujours pas à répondre à l'ensemble des besoins et des opportunités qui se présentent aujourd'hui à eux.

Évoquant son expérience sur le terrain international, l'ayatollah Arafi a indiqué avoir effectué des missions dans des dizaines de pays et étudié les réalités religieuses, intellectuelles et culturelles de plus d'une centaine de pays. Il a précisé que ces expériences lui avaient permis de mesurer l'ampleur des perspectives qui s'ouvrent devant l'islam, la Révolution islamique et les valeurs divines.

Il a également relevé que la conjoncture actuelle, malgré les défis considérables auxquels le pays est confronté, offre des possibilités exceptionnelles qui nécessitent une vision stratégique et une mobilisation à la hauteur des enjeux.

La nécessité d'une vision globale chez les étudiants en sciences religieuses

S'adressant aux étudiants, l'ayatollah Arafi les a invités à dépasser les approches locales et limitées afin d'adopter une vision globale des évolutions internationales.

Selon lui, l'ampleur des besoins actuels est telle que même des centaines de penseurs de l'envergure du martyr Morteza Motahhari ne suffiraient pas à y répondre. Il faudrait, a-t-il estimé, des milliers de personnalités scientifiques et intellectuelles de ce niveau pour relever les défis de notre époque.

Il a ainsi souligné que l'étudiant en sciences religieuses d'aujourd'hui devait disposer d'une connaissance approfondie des réalités internationales, d'une vision stratégique et d'une solide détermination à contribuer à la diffusion des enseignements divins.

Il a ajouté que les attentes envers les établissements d'excellence, tels que l'école Haqqani, étaient particulièrement élevées en matière de formation de cadres capables d'assumer ces responsabilités.

Les grandes étapes historiques du développement des séminaires islamiques

Revenant sur l'histoire des institutions théologiques au cours du dernier millénaire, l'ayatollah Arafi a identifié plusieurs périodes décisives ayant profondément transformé la vie intellectuelle, politique et sociale du monde musulman.Il a notamment évoqué trois grandes étapes historiques.

La première remonte à la période suivant la fin de la Petite Occultation et à l'époque du cheikh Moufid, marquée par l'essor des anciens centres théologiques de Bagdad, de Ray et de Qom. Cette période a constitué une étape importante dans le développement de la pensée des Ahl al-Bayt et la diffusion des enseignements islamiques, grâce notamment aux contributions du cheikh Moufid, du cheikh Tûsî et d'autres grandes figures religieuses.

La deuxième étape correspond à l'époque de l'invasion mongole, marquée par l'action de grandes personnalités telles que l'Allama Hilli et Khawaja Nasir al-Din Tusi. Selon l'ayatollah Arafi, ces savants ont joué un rôle déterminant face aux bouleversements provoqués par les invasions mongoles et ont contribué à la transformation et à l'essor des institutions théologiques en Iran et dans d'autres régions du monde musulman.

La troisième période majeure est celle de la dynastie safavide, durant laquelle des personnalités telles que Mohaghegh Karaki, Cheikh Bahaï, Molla Sadra et Mir Damad ont profondément marqué l'évolution scientifique, intellectuelle et politique de l'Iran.

Les savants religieux, acteurs des transformations scientifiques et politiques de l'Iran

Évoquant ses recherches historiques récentes, l'ayatollah Arafi a indiqué avoir étudié près de 130 ouvrages historiques au cours des derniers mois, malgré les difficultés liées à la situation de guerre, aux déplacements et à ses différentes responsabilités.

Il a particulièrement mis en lumière le rôle de Mohaghegh Karaki, éminent jurisconsulte originaire du Liban, qui s'est rendu à deux reprises à Ispahan à l'invitation des souverains safavides.

Il a présenté ce savant comme l'une des sept ou huit grandes figures religieuses et philosophiques ayant contribué à modifier les équilibres politiques de l'Iran et, dans une certaine mesure, de la région. Il a également souligné sa contribution aux transformations scientifiques et culturelles de cette période.

L'ayatollah Arafi a par ailleurs rappelé le rôle de Cheikh Bahaï et d'autres savants libanais et iraniens dans l'essor de l'école théologique d'Ispahan, devenue aux Xe et XIe siècles de l'hégire l'un des principaux centres intellectuels du monde musulman.

Cette période a notamment été marquée par un développement remarquable de la philosophie, de la théologie, des sciences du hadith, de l'histoire, de l'architecture, de l'urbanisme et des études juridiques islamiques. Selon lui, ces réalisations ont été rendues possibles grâce à l'action d'une dizaine de grandes personnalités scientifiques et religieuses.

Il a souligné que cette dynamique avait non seulement transformé l'Iran, mais également ouvert une nouvelle étape dans l'histoire des séminaires islamiques.

La Révolution islamique, un tournant majeur dans l'histoire millénaire des séminaires islamiques

Dressant le bilan de ces évolutions, le directeur des séminaires islamiques a estimé que l'histoire de plus de mille ans de ces institutions avait été marquée par sept ou huit grandes périodes de transformation.

Toutefois, il a affirmé que les changements intervenus au cours du siècle dernier, sous l'impulsion du mouvement religieux de Qom et de la Révolution islamique, dépassaient en importance et en portée l'ensemble des transformations précédentes.

Il a insisté sur la nécessité de saisir pleinement les opportunités offertes par cette période exceptionnelle, tout en rappelant que l'ampleur des transformations entraîne également des responsabilités et des défis plus importants.

S'adressant aux étudiants de l'école Haqqani, il a souligné que leur génération occupait une position particulièrement importante dans la continuité de l'histoire des séminaires islamiques.

Une telle responsabilité exige, selon lui, des étudiants dotés d'un haut niveau de connaissances, de sagesse, de compétences intellectuelles, d'une formation polyvalente et d'une capacité à répondre aux interrogations contemporaines.

Évoquant la vision de l'Imam martyr, il a rappelé que celui-ci avait toujours défendu l'idée d'un séminaire islamique dynamique, novateur et à l'avant-garde des évolutions intellectuelles et sociales.

L'ayatollah Arafi a estimé que cette nouvelle étape de développement devait désormais être approfondie et consolidée par les nouvelles générations d'étudiants et de chercheurs religieux.

L'expansion mondiale des séminaires islamiques, une caractéristique inédite de l'époque actuelle

Abordant les spécificités de la période contemporaine, l'ayatollah Arafi a présenté l'ouverture des séminaires islamiques à l'échelle internationale comme l'une des principales caractéristiques de cette nouvelle étape historique.

Il a souligné que cette expansion géographique et institutionnelle n'avait jamais connu une ampleur comparable au cours des mille dernières années et qu'elle définissait désormais une nouvelle dimension des responsabilités des étudiants en sciences religieuses.

Selon lui, le modèle éducatif et pédagogique développé à Qom a inspiré la création et le développement de structures théologiques dans plus d'une centaine de pays.

Il a notamment évoqué la présence et le développement des activités religieuses, depuis les régions les plus reculées d'Afrique jusqu'à l'Europe et aux Amériques, en passant par le Caucase, l'Asie orientale et l'Asie du Sud-Est.

Le directeur des séminaires islamiques a rendu hommage aux premiers savants et religieux iraniens qui ont contribué à implanter des institutions théologiques dans différentes régions du monde. Il a également salué l'émergence progressive de cadres religieux locaux, formés dans le cadre de cette dynamique internationale.

Un vaste réseau international au service de la diffusion des enseignements islamiques

En conclusion, l'ayatollah Arafi a souligné que la Révolution islamique avait favorisé le déploiement d'un vaste réseau de religieux et de spécialistes des sciences islamiques à travers le monde.

Cette dynamique a permis, selon lui, d'ouvrir de nouvelles perspectives pour les séminaires islamiques, la diffusion des enseignements des Ahl al-Bayt et le rayonnement de la pensée islamique.

Il a enfin rappelé que la préservation et le développement de cet héritage international constituaient une responsabilité historique pour l'ensemble des institutions théologiques et des acteurs engagés dans la diffusion des enseignements religieux.

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